Traversée de la Manche : 15 migrants découverts en état d’hypothermie dans un camion frigorifique

La gendarmerie et les pompiers sont intervenus samedi pour secourir un groupe de migrants érythréens en état d’hypothermie à l’arrière d’un camion frigorifique, en route vers le Royaume-Uni. Parmi le groupe se trouvait une femme et quatre enfants. Quatre personnes ont été hospitalisées.
Quinze exilés érythréens, dont une femme et quatre mineurs, ont été retrouvés en état d’hypothermie dans un camion frigorifique, samedi 9 août, sur une aire de repos du Pas-de-Calais. Ils tentaient de rejoindre le Royaume-Uni par ce moyen de passage dangereux.
Le chauffeur du camion transportant des légumes a prévenu la gendarmerie après avoir entendu des coups depuis l’intérieur du véhicule. Vers 13h, la gendarmerie a pu intervenir et les occupants ont été libérés sur l’aire de repos de St Hilaire Cottes, le long de l’autoroute A26.
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Les pompiers, prévenus également, ont transporté quatre personnes à l’hôpital en raison de leur état d’hypothermie.
Cet état « laisse supposer qu’ils y étaient depuis plusieurs heures », a rapporté le directeur de cabinet du préfet du Pas-de-Calais, Christian Vedelago, auprès de l’AFP. Le groupe se serait introduit dans le véhicule au milieu de la nuit de vendredi à samedi, d’après les premières hypothèses des autorités. Soit une demi-journée passée à l’arrière de ce camion frigorifique.
Les quatre mineurs pris en charge
Quatre jeunes exilés « qui se sont déclarés mineurs » ont été pris en charge par l’association France terre d’asile, indique encore Christian Vedelago à l’AFP. Plusieurs des adultes se trouvaient, eux, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Certains exilés ont quitté les lieux très rapidement tandis que d’autres, restés sur place, ont été retenus par les services de police pour une audition dans l’après-midi. Le chauffeur du camion n’a, de son côté, pas été inquiété par les services de police, fait savoir le cabinet du préfet.
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Fin janvier, les forces de l’ordre avaient déjà découvert seize exilés, dont une femme enceinte et plusieurs mineurs, dans une remorque frigorifique stationnée dans le port de Cherbourg. Espérant traverser par ferry vers l’Angleterre à bord du camion, le groupe avait lui-même appelé la police aux frontières pour être secouru, selon France 3 régions.
« La seule option que j’ai »
Le passage par camion est une voie bien moins coûteuse que la traversée de la Manche en canot pneumatique, devenue le mode de passage privilégié après des années de renforcement des contrôles routiers contre le franchissement de la frontière. Avec l’aide de financements britanniques, les autorités françaises ont en effet militarisé le secteur en se dotant de caméras thermiques, de barbelés, de capteurs de mouvements, de caméras de surveillance, de détecteurs de chaleur et de CO2…
Les chiffres sont parlants : au premier trimestre 2025, sur les 44 000 arrivées irrégulières détectées par les forces de l’ordre britanniques, 86 % sont des arrivées en « small boats », selon les statistiques du Home Office. Le reste recouvre les arrivées en avions avec des faux documents, ou les détections à l’arrivée dans les ports ou sur les routes qui concernent principalement des Soudanais et des Albanais.
Très dangereux en plus d’être peu efficace, le passage par camions reste cependant pratiqué par les migrants les plus précaires. En 2024, selon France Bleu, plus de 2 646 personnes ont été découvertes dans des camions en direction de l’Angleterre.
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« C’est la seule option que j’ai (…) J’ai rien, pas d’argent, personne à qui en demander, je ne vais pas essayer de monter dans un canot », avait confié Mohamed, un exilé rencontré fin 2024 par InfoMigrants dans un campement de Calais. Une seule règle encadrait ses tentatives : « Je fais juste attention aux sigles ‘produits chimiques’ qui sont inscrits sur les portes arrières des véhicules, c’est tout. Sinon, j’essaie de monter dans un poids lourd, de toutes les manières possibles, de jour comme de nuit ».
Sources: infomigrants




