Suède : le durcissement des règles sur l’immigration touche de plus en plus les jeunes

En Suède, l’annonce d’un potentielle expulsion d’Emanuel, un bébé de 8 mois né sur le sol suédois, est devenue le symbole de la nouvelle politique migratoire à l’œuvre dans le pays. Selon cette loi, il pourrait être renvoyé vers l’Iran sans ses parents. Depuis avril 2025, les cas comme celui d’Emanuel se sont multipliés dans le pays en raison d’un durcissement progressif des règles sur l’immigration.
Avec notre correspondante en Suède, Ottilia Férey
En Suède, de nombreux demandeurs d’asile sont désormais sous la menace d’une expulsion en raison d’un durcissement des règles sur l’immigration dans le pays au cours des derniers mois. Une nouvelle politique qui n’épargne personne, pas même les enfants et les nourrissons. C’est le cas d’Emanuel, un bébé de 8 mois qui pourrait être expulsé vers l’Iran alors qu’il est né en Suède, où travaillent également ses deux parents. L’annonce a suscité l’indignation dans le pays.
Jusqu’ici, les demandeurs d’asile déboutés pouvaient rester en Suède avec un permis de travail. Chose que la mère du petit Emanuel a obtenue en 2022. Mais depuis avril 2025, les règles sur l’immigration se sont drastiquement durcies. À ce jour, selon la loi, le petit Emanuel ne peut donc pas rester en Suède sur le permis de séjour de sa famille. Une situation ubuesque dans laquelle se trouvent de nombreux autres enfants et adolescents.
Autre exemple de ce changement de règles : Jomana, 18 ans, doit être expulsée seule vers l’Égypte sans sa famille. Arrivée en Suède à l’âge de 4 ans et désormais majeure, elle n’a désormais plus le droit d’être sur le visa familial. « Le 29 décembre, on m’a dit : « Tu es adulte, tu te débrouilles seule, tu n’as pas de lien fort avec la Suède. Tu pars seule dans quatre semaines' », raconte la jeune femme.
« Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer, parce que c’est une décision tellement… bizarre. Comment pourrais-je ne pas avoir de lien fort après quatorze ans passés ici, soit presque toute ma vie ? Comment est-ce qu’ils peuvent envoyer une jeune fille seule au Moyen-Orient ? Moi, je ne veux pas fonder une famille là-bas, je ne veux pas d’un avenir là-bas, ce n’est pas possible. »
« Devenir majeur en Suède, c’est devenu une condamnation »
Ce durcissement drastique de la politique migratoire suédoise s’explique principalement par l’arrivée au pouvoir de la droite, soutenue par l’extrême droite. Les conditions d’obtention de titres de séjour sont devenues très difficiles à tous les niveaux. Jomana et son amie Mélanie qui l’accompagne évoquent des mesures injustes et inhumaines.
« Ils veulent juste rendre la vie difficile aux immigrés, c’est complètement fou. On est juste des gens, on veut juste une vie, on veut rester ici avec notre famille. On veut juste étudier, travailler et c’est tout. On ne vient pas pour causer des problèmes. Devenir majeur en Suède, pour beaucoup, c’est devenu comme une condamnation », poursuit Jomana.
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À tel point que la situation en Suède est de plus en plus comparée au climat extrêmement tendu entourant la police anti-immigration de Donald Trump aux États-Unis. « Là, en Suède, c’est un peu devenu un genre de ICE à la suédoise », déclare son amie Mélanie.
Jomana a fait appel de cette décision d’expulsion hors du pays. La jeune femme est pour l’instant dans l’attente et ne sait pas quand elle recevra une réponse des autorités. Une incertitude totale qui l’empêche de se projeter et d’appréhender l’avenir. « Je voudrais enchaîner sur des études tout de suite et entrer dans le monde du travail. Mais là, pendant cette période d’attente, je ne peux rien faire. Je ne peux pas travailler, je ne peux pas dormir la nuit, je ne peux pas me concentrer sur quoi que ce soit. » Elle garde malgré tout espoir de pouvoir rester en Suède et de passer son bac au printemps prochain.
Sources: Infomigrants




