Maroc : interception au large de Dakhla d’une pirogue avec 189 migrants d’Afrique subsaharienne

La marine royale marocaine a intercepté lundi au large de Dakhla une pirogue avec à son bord 189 passagers. Originaires d’Afrique subsaharienne, ils comptaient rejoindre les Iles Canaries. Certains passagers ont reçu des soins à bord, signe d’une traversée difficile.
Les images des autorités marocaines montrent une longue pirogue à la peinture écaillée. A l’intérieur, plusieurs dizaines de personnes sont visibles dans l’embarcation en bois bondée. Certains sont assis, d’autres debout. Selon la Marine marocaine, qui a diffusé l’information sur ses réseaux sociaux, cette pirogue a été arraisonnée lundi 26 février au large de Dakhla. Elle comptait se rendre aux Îles Canaries, porte d’entrée de l’Union européenne au large des côtes ouest-africaines.
Cent-quatre-neuf personnes étaient à son bord. « Certains patients ont reçu les premiers soins à bord du bateau avant d’être transférés au port de Dakhla », peut-on lire dans le communiqué des autorités marocaines.
Selon d’autres informations postées sur les réseaux sociaux, l’embarcation serait partie de Gambie, le 14 février. Plusieurs personnes dans un état de santé préoccupant ont été envoyés à l’hôpital. Impossible de savoir pour l’heure si des passagers sont morts durant cette traversée.
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Ce n’est pas la première fois que des pirogues qui partent de Gambie, du Sénégal, ou de Mauritanie sont interceptées par la Marine marocaine. Ces dernières années, ces arrestations en mer ont été plus ou moins régulières.
Certaines traversées se terminent aussi en drame. La route migratoire qui relie les côtes ouest-africaines aux Canaries demeure l’une des plus dangereuses au monde. La distance à parcourir est de plus de 1 000 km.
Les vents violents et les forts courants rendent la traversée très risquée. De nombreux témoignages rapportent les périls du voyage, soumis aux aléas météorologiques, aux avaries de moteur, à la soif et à la faim.

« La distance [entre ces côtes ouest africaines et les Canaries] est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », rappelait la chercheuse Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines, à InfoMigrants fin septembre.
Dakhla, au Maroc, est elle-même une zone de départ. En septembre 2025, une embarcation était partie de la ville marocaine. Au total, 44 migrants étaient à bord. Parmi les passagers se trouvaient 27 Marocains (dont 3 femmes et 2 enfants) et 17 ressortissants d’Afrique subsaharienne. Tous sont portés disparus. Malgré plusieurs tentatives de contact, des familles de ces migrants – originaires de Casablanca et Midelt – n’ont plus jamais réussi à joindre leurs proches.
Depuis le début de l’année, les Canaries ont recensé un peu moins de 1200 arrivées illégales via la mer. C’est 82% de moins qu’à la même période l’année dernière. Les renforcements des contrôles et la présence accrue des gardes-côtes – marocains, sénégalais, mauritaniens – peuvent en partie expliquer cette baisse des arrivées.
Sources: Infomigrants




