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Maroc : plus de 70 000 interceptions de migrants en 2025, en baisse de 6 % sur un an

Les autorités marocaines ont déjoué 73 640 tentatives d’immigration vers l’Union européenne en 2025, contre près de 80 000 en 2024, soit une baisse de 6 % sur un an, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Pour Rabat, cette diminution des interceptions s’explique par un changement de routes des migrants, qui ont délaissé le Maroc suite au durcissement des contrôles, au profit d’autres itinéraires.

Les autorités marocaines ont publié jeudi 2 avril le bilan de leurs activités liées à l’immigration dans le royaume sur l’ensemble de l’année 2025. Et les chiffres montrent qu’au cours de l’an dernier, 73 640 tentatives d’immigration vers l’Union européenne (UE) ont été déjouées par les forces marocaines. En 2025, 78 685 exilés avaient été interceptés au Maroc alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe. Ainsi, on constate une baisse de 6 % sur un an.

« La baisse marquée des interceptions témoigne d’une réduction progressive des flux irréguliers, reflétant le tarissement constant de la route migratoire transitant par le Maroc », affirme un haut responsable de la direction en charge de la migration et de la surveillance des frontières à l’agence de presse Reuters.

Changement de routes ?

Selon le ministère de l’Intérieur marocain, cette baisse s’explique par le changement de routes des migrants, qui ont délaissé le Maroc suite au durcissement des contrôles, au profit d’autres itinéraires vers les Canaries et certaines zones du sud de la Méditerranée.

Pourtant, les îles Canaries ont enregistré une chute significative en 2025 de 62 % des arrivées de migrants dans l’archipel (plus de 17 500 exilés sont arrivés aux Canaries en 2025, contre près de 47 000 en 2024). Ces derniers mois, les exilés sont de moins en moins nombreux à tenter la traversée de l’Atlantique depuis les côtes de l’ouest marocain. Les départs se concentrent désormais depuis le Sénégal et la Mauritanie, et de plus en plus au sud depuis la Gambie et la Guinée.

En revanche, les débarquements ont bien augmenté de 24 % aux Baléares l’an dernier via la route menant de l’Algérie à ces îles du large de l’Andalousie.

Mais dans le même temps, les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla situées au nord du Maroc ont enregistré une hausse de 45 % des arrivées l’an dernier par rapport à l’année 2024 – des territoires dont les tentatives d’immigration se font depuis le sol marocain. Ceuta est même devenue pour les premiers mois en 2026 la première porte d’entrée des migrants en Espagne.

Baisse des interceptions en mer

Dans leur bilan de 2025, les services marocains affirment également avoir démantelé plus de 300 réseaux de passeurs.

Et 13 595 migrants ont été secourus, ou interceptés, en mer en 2025 – contre 18 645 en 2024 -, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

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Par ailleurs, 4 372 migrants en situation irrégulière ont bénéficié de programmes de « retour volontaire » vers leur pays d’origine au cours de l’année dernière.

Ces « retours volontaires » illustrent « l’approche humaniste de la gestion migratoire » du Maroc, qui « concilie fermeté et responsabilité », déclare à Reuters le même haut responsable de la direction en charge de la migration et de la surveillance des frontières.

Mais, « il n’y a rien de moins volontaire, que les ‘retours volontaires », avait alerté l’an dernier Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, évoquant des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom. Ces « retours volontaires » s’inscrivent alors dans un « processus de vulnérabilité accrue », avait aussi expliqué Ahlam Chemlali, chercheuse en migration à l’Institut danois pour les études internationales (DIIS), interrogée par l’AFP. La situation des migrants dans les pays de transit, comme le Maroc, est devenue « de plus en plus précaire et dangereuse » et « pour beaucoup, le programme de ‘retour volontaire’ est devenu la seule alternative possible ».

Depuis 2019, le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez a débloqué plus de 120 millions d’euros à Rabat pour soutenir ce pays de transit dans sa lutte contre l’immigration irrégulière. En parallèle, depuis 2013, l’UE a déboursé plus de 360 millions d’euros – dont 234 millions proviennent du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union pour l’Afrique, indique une note de l’UE datée de février 2022 – pour aider le Maroc.

Ainsi, « parmi les voisins de l’UE, le Maroc représente le deuxième portefeuille de coopération en matière de migration », peut-on lire dans le même document européen. En 2022, l’UE affirmait voir en Rabat « un partenaire stratégique et engagé […] en matière de migration », « loyal et fiable ».

Sources: infomigrants

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