Grèce : un migrant décède en mer Égée, 43 autres secourus par les gardes-côtes turcs

Un migrant est mort mercredi en mer Égée et 43 autres ont été secourus, selon les autorités turques. L’ONG Aegean Boat Report accuse les gardes-côtes grecs d’avoir mis le groupe d’exilés en danger en endommageant leur embarcation et les refoulant vers la Turquie.
Mercredi 6 mai dans la soirée, les autorités turques ont été averties « qu’une embarcation pneumatique transportant un groupe de migrants en situation irrégulière risquait de couler au large du district de Foça dans la province d’Izmir », situé à 30 km de l’île grecque de Lesbos, ont indiqué jeudi 7 mai dans un communiqué les gardes-côtes turcs.
Arrivées rapidement sur zone, les autorités sont parvenues à secourir 43 personnes, dont quatre se trouvaient à l’eau à l’arrivée des gardes-côtes.
« Le corps d’un migrant en situation irrégulière a été repêché et un passeur présumé a été appréhendé », a assuré la garde côtière turque.
L’ONG norvégienne Aegean Boat Report (ABR), qui vient en aide aux migrants en détresse en mer Égée, pointe du doigt la Grèce. Elle affirme sur son compte X avoir reçu un appel d’urgence mercredi soir de migrants accusant les garde-côtes grecs d’avoir refoulé et endommagé leur embarcation.
« Le groupe nous a raconté avoir été violemment repoussé par les gardes-côtes grecs. Selon les survivants, ces derniers ont détruit le moteur, endommagé le canot pneumatique (…) et les ont laissés dériver impuissants en mer tandis que l’embarcation commençait à prendre l’eau », explique ABR.
« C’est le résultat d’une politique systématique »
« Ce n’est pas un incident isolé. C’est le résultat d’une politique systématique qui a été autorisée à se poursuivre pendant des années sous les yeux de l’Europe », estime l’ONG.
Début février, 15 migrants sont morts après une violente collision entre leur embarcation et un patrouilleur des gardes-côtes grecs au large de l’île de Chios, située à quelques encablures des côtes turques.
Quelques heures après le drame, les autorités grecques ont accusé le bateau de migrants d’être à l’origine de la collision. D’après les gardes-côtes, le patrouilleur de la police portuaire qui avait repéré l’embarcation de migrants au large de Chios a émis des signaux sonores mais le bateau a fait des manœuvres pour échapper aux autorités.
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Mais rapidement, cette version a été contredite par les témoignages des survivants. Trois rescapés, originaires d’Afghanistan, ont assuré que l’accident s’est déroulé rapidement et qu’ils n’ont pas eu le temps d’arrêter l’embarcation. « Ils [les gardes-côtes, ndlr] ne nous ont pas poursuivis. Nous avons vu de la lumière et immédiatement après l’accident a eu lieu », a déclaré l’un d’eux aux enquêteurs, selon le média grec Kathimerini. « Nous n’avons pas entendu de sirènes, sinon on aurait dit au conducteur de s’arrêter, il y avait des enfants à bord. »
Ces dernières années, Athènes a été accusée à plusieurs reprises par des ONG et des médias internationaux – dont InfoMigrants -, vidéos et témoignages détaillés à l’appui, de pratiquer des refoulements illégaux de migrants vers la Turquie. Mais Athènes a toujours nié pratiquer des « pushbacks ».
Reste que la responsabilité des gardes-côtes grecs a déjà été pointée du doigt par le passé. Dix-huit d’entre eux sont poursuivis en justice pour homicide involontaire par négligence dans le naufrage du chalutier Adriana en juin 2023 qui avait fait quelque 750 morts, selon l’ONU, soit l’un des pires naufrages de migrants en Méditerranée de la décennie.
Sources: Infomigrants




