« 140 reconduites depuis le début de l’année » : La France confirme la reprise des expulsions d’Algériens en situation irrégulière

Depuis sa visite en Algérie à la mi-février, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé jeudi une reprise du dialogue avec Alger et une reprise des expulsions. Depuis le début de l’année, 140 reconduites d’Algériens en situation irrégulière ont été réalisées. « Je m’en félicite », a déclaré le chef de la place Beauvau.
« Il fallait sortir de cette logique de bras de fer avec l’Algérie ». Le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a confirmé, jeudi 7 mai, une reprise des discussions avec Alger et une reprise des expulsions d’Algériens en situation irrégulière.
« On doit avoir des relations avec l’Algérie en matière de sécurité et migratoire. On ne peut pas ne pas avoir de relations avec l’Algérie », a déclaré le ministre sur la chaîne d’information CNews et la radio Europe 1, avant d’évoquer le chiffre de 140 reconduites depuis le début de l’année 2026.
Fin mars, La Cimade, association de défense des droits des migrants, avait annoncé la reprise de ces expulsions après un an d’interruption liée à la crise diplomatique entre Paris et Alger. Deux Algériens, retenus dans le centre de rétention administrative (CRA) de Rennes, avaient été expulsés mercredi 25 mars. Mais c’est la première fois que le ministère de l’Intérieur communique sur le sujet.
« Il faut qu’on fasse plus »
« Quand je suis allé en Algérie à la mi-février, nous n’avions aucun laissez-passer délivré depuis le début de l’année et on avait fait quelques reconduites », a déclaré Laurent Nuñez. « Depuis que je suis allé en Algérie, c’est reparti. »
Et de détailler : « On a eu 120 laissez-passer délivrés depuis (…) et hier, on a dépassé les 140 (reconduites) depuis le début de l’année. Évidemment, il faut qu’on fasse mieux, évidemment il faut qu’on fasse plus » mais « les choses se sont réamorcées », a-t-il ajouté. « Je m’en félicite (…). On va poursuivre dans ce dialogue existant avec l’Algérie. »
Paris reprochait depuis des années à Alger de ne plus délivrer ces laissez-passer consulaires, sésames indispensables pour procéder à l’éloignement des ressortissants sans-papiers – et sans passeports.
Les Algériens sous OQTF (obligation de quitter le territoire français) représentent le plus gros contingent de personnes dans les CRA en France, en vue de leur expulsion. En 2024, l’association La Cimade rappelait que l’écrasante majorité des personnes en rétention étaient maghrébines : un peu plus de 5 000 Algériens, 1 900 Tunisiens et 1 700 Marocains étaient passés par des CRA cette année-là.
Interrogé sur le nombre de ressortissants algériens actuellement présents dans les centres de rétention, le ministre de l’Intérieur a lui confirmé le chiffre d' »un peu plus de 700 sur 2 000 places », soit à « peu près 30 à 40 % ».
Vols groupés
« L’autre élément sur lequel il faut qu’on aboutisse maintenant assez vite », c’est la question des « vols groupés », l’expulsion de plusieurs ressortissants dans un même avion, a poursuivi Laurent Nuñez.
La relation entre Paris et Alger s’était fortement dégradée à partir de l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, territoire au statut non défini selon l’ONU, où un conflit oppose depuis 50 ans le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenu par l’Algérie.
Depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur, Laurent Nuñez a prôné l’apaisement avec Alger, se démarquant de son prédécesseur Bruno Retailleau qui avait cristallisé les crispations, tentant régulièrement d’aller au bras de fer.
Sources: Infomigrants




