Mer Méditerranée : 15 nouveaux corps de migrants retrouvés au large de la Libye

Les autorités de l’est libyen ont retrouvé 15 nouveaux corps de migrants entre le 16 et le 20 juin. Ces dépouilles s’ajoutent aux 20 autres corps découverts quelques jours plus tôt, dont deux dans l’est du pays. Ces exilés avaient pris place dans un canot qui a fait naufrage au large de Tobrouk le 12 juin dernier.
Les découvertes macabres s’enchaînent en Libye. Ces derniers jours, 15 nouveaux corps, dont celui d’une fillette, ont été retrouvés au large des côtes de l’est du pays, selon le Croissant-Rouge libyen.
Dans le détail, ce sont deux corps qui ont été découverts le 16 juin, quatre autres le lendemain, puis trois le 18 juin et enfin, six dépouilles le 20 juin.
Les cadavres, en état de décomposition avancée, ont été repêchés à plusieurs endroits le long du littoral de Tobrouk, ville proche de la frontière égyptienne, selon Reuters qui cite des sources sécuritaires, navales et médicales.
Des images publiées sur Facebook par le Croissant-Rouge de Tobrouk montrent des volontaires en combinaisons de protection blanches récupérant des corps sur les rivages rocheux et les plaçant dans des sacs en plastique blancs.
Ces exilés avaient peut-être pris place dans une embarcation en route vers la Crète qui a chaviré le 12 juin au large des côtes libyennes, faisant 51 morts ou disparus. Seules 10 personnes ont survécu à ce naufrage alors que le canot transportait une soixantaine d’exilés.
Quelques jours plus tôt, 20 corps avaient déjà été retrouvés au large des rives libyennes, dont deux à l’est du pays.
Route de Tobrouk
Alors que les contrôles à l’ouest de la Libye se sont intensifiés ces dernières années et que les interceptions des gardes-côtes se sont accentuées, une nouvelle route s’est développée : celle de Tobrouk, qui relie cette ville de l’est libyen à la Crète.
En 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés sur l’île et sur sa voisine Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200%. Et l’année 2026 semble suivre la même tendance : depuis le 1er janvier, quelque 6 000 personnes ont débarqué en Crète – un chiffre stable par rapport à l’an dernier à la même période.

Dans le même temps, les arrivées sur les îles grecques de la mer Égée (Lesbos, Kos ou Samos) ont nettement diminué. Depuis le 1er janvier 2026, environ 3 000 migrants ont débarqué sur les îles de la mer Égée, selon les chiffres du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).
En 2024, 78% des arrivées en Grèce se faisait via les îles de la mer Égée, et seulement 8% via la Crète. Alors qu’en 2025, 44% des migrants sont arrivés en Grèce via la Turquie et 40% en partant de Libye, selon les autorités grecques.
A lire aussi
Grèce : plus de 700 migrants débarquent en Crète en deux jours
La route de Tobrouk reste particulièrement dangereuse. Environ 300 km séparent la ville de l’est libyen à la Crète et aucun navire humanitaire ne sillonne la zone, trop vaste. Fin mars, 22 exilés sont morts durant cette traversée de la Méditerranée après six jours d’errance en mer. Leurs corps « ont été jetés à la mer sur ordre d’un des passeurs », selon les gardes-côtes grecs. Seules 26 personnes du même canot ont pu être secourues.
Face à la fréquentation en hausse de cette route, la Commission européenne a décidé de financer l’ouverture d’un centre de coordination de sauvetage maritime (MRCC) à Benghazi, dans l’est de la Libye. Et ce, alors que le gouvernement de cette zone n’est pas reconnu par l’Union européenne (UE).
Le MRCC de Benghazi devrait fonctionner sur le même modèle que celui de Tripoli. Depuis un accord signé entre l’Union européenne (UE) et Tripoli en 2017, les gardes-côtes libyens de l’ouest sont chargés de la coordination des sauvetages au large de leurs côtes. Une tâche qui incombait auparavant au MRCC de Rome ou de La Valette, à Malte. L’accord de 2017 prévoit que l’Italie équipe et forme les autorités libyennes pour intercepter en mer les exilés en route vers les côtes européennes.
Sources: Infomigrants




