La Finlande prolonge jusqu’à nouvel ordre la fermeture de sa frontière avec la Russie

La Finlande a annoncé, mercredi, la prolongation de la fermeture de sa frontière avec la Russie. Selon le gouvernement, « le risque que la migration instrumentalisée reprenne et s’étende, comme cela a été le cas précédemment, reste probable ».
La frontière entre la Finlande et la Russie restera fermée jusqu’à nouvel ordre, a annoncé mercredi 16 avril le gouvernement finlandais. Longue de 1 340 km, la séparation entre les deux pays est fermée depuis décembre 2023 suite à l’arrivée d’un millier de migrants sans visa en novembre de la même année. Helsinki avait affirmé que cet afflux de migrants avait été orchestré par la Russie, ce que le Kremlin avait démenti.
Une loi avait ensuite été votée en avril 2024 pour entériner cette fermeture. C’est cette dernière qui vient d’être prolongée car, selon le gouvernement, « le risque que la migration instrumentalisée reprenne et s’étende, comme cela a été le cas précédemment, reste probable ». « Si le phénomène devait se poursuivre, il constituerait une menace sérieuse pour la sécurité nationale et l’ordre public de la Finlande », a-t-il ajouté pour justifier sa décision.
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« La menace d’une migration instrumentalisée à la frontière orientale de la Finlande reste élevée et difficile à prévoir. La situation à la frontière est tendue mais stable. Toutefois, nous devons nous préparer à l’éventualité d’un changement rapide et grave de la situation », a déclaré la ministre de l’Intérieur, Mari Rantanen. Et d’ajouter : « En prolongeant la validité de la loi sur la sécurité des frontières, nous veillerons à ce que les autorités frontalières disposent de pouvoirs suffisants pour agir de manière préventive et efficace dans les cas les plus graves de migration instrumentalisée ».
Vers un prolongement d’autres lois ?
Fin mars 2025, le gouvernement finlandais a également proposé de prolonger la loi temporaire sur l’asile. Adopté en juillet 2024, le texte autorise les gardes-frontières à refouler les migrants entrés de manière irrégulière dans le pays, sans leur laisser la possibilité de déposer l’asile.
Une loi vivement critiquée. Experts et ONG estiment qu’elle est contraire aux engagements internationaux de la Finlande en matière de droits de l’homme et à sa Constitution, ce que le gouvernement a admis. « C’est un triste jour pour l’État de droit et les droits humains en Finlande », avait estimé la dirigeante de l’alliance de gauche, Li Andersson, dans un message sur X après le vote au Parlement. « Je n’ai jamais vécu un jour aussi sombre depuis 34 ans que je suis au service d’Amnesty en Finlande », avait déploré sur le même réseau social Frank Johansson, directeur de l’ONG dans le pays.
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Le gouvernement, lui, s’était félicité de cette loi. « C’est un message fort adressé à la Russie et à nos alliés. La Finlande veillera à sa propre sécurité et à la sécurité des frontières de l’UE », avait déclaré le Premier ministre finlandais Petteri Orpo lors d’une conférence de presse organisée juste après le vote du Parlement.
Le nombre de nouvelles demandes d’asile est en nette baisse dans le pays. En 2023, on comptait 5 372 premières demandes. Et en 2024, ce chiffre est tombé à 2 948. Les autorités s’attendent à ce que les chiffres de cette année soient situés entre 2 000 et 3 000.
Sources: Infomigrants




