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Immigration en France : les expulsions en hausse de 15 % en 2025, les régularisations en baisse

La Direction générale des étrangers en France (DGEF) – qui dépend du ministère de l’Intérieur – a publié mardi les chiffres de l’immigration en 2025 en France. Ils confirment une augmentation des expulsions avec près de 15 500 étrangers en situation irrégulière éloignés de force en 2025 contre 12 800 en 2024. Le nombre d’interpellations d’étrangers sans-papiers a, lui aussi, fortement augmenté et concerne principalement les Algériens (+52 %), les Tunisiens (+33 %) et les Marocains (+19 %).

« L’année 2025 se caractérise par une augmentation continue des éloignements d’étrangers en situation irrégulière », peut-on lire dans les statistiques de l’immigration, publiées mardi 27 janvier sur le site du ministère de l’Intérieur. Dans une présentation des chiffres à la presse, la place Beauvau a notamment détaillé la hausse des éloignements en France l’année dernière. En ce qui concerne les seuls éloignements forcés, ils ont augmenté de 21 % à 15 569, contre 12 800 en 2024 (et 11 700 en 2023). Et au global, en comptant les éloignements forcés, aidés et spontanés, ils ont augmenté de 15,7 % par rapport à 2024 avec 24 985 étrangers renvoyés hors de France.

Les trois premières nationalités concernées par ces éloignements sont : les Algériens (2 500), les Marocains (2 000) et les Tunisiens (1 600). Si ces éloignements sont en hausse pour les Marocains (+21 %) et les Tunisiens (+25%), ils sont en baisse en ce qui concerne les Algériens (-15 %). « Un étranger éloigné sur quatre est d’origine maghrébine », précise la Direction générale des étrangers en France (DGEF).

À noter que les ressortissants guinéens et égyptiens font leur apparition dans le classement avec respectivement 666 et 633 retours réalisés, en très forte hausse, respectivement de 84 % et de 189 %.

Principales nationalités d'origine parmi les ressortissants éloignés de France en 2025. Source : DGEF
Principales nationalités d’origine parmi les ressortissants éloignés de France en 2025. Source : DGEF

Les Algériens, première nationalité éloignée

« Sur les 2 500 Algériens éloignés en 2025, il y a eu une hausse des éloignements aidés et spontanés mais une baisse de 37 % des éloignements forcés », précise Guillaume Mordant, responsable du département statistique de la DGEF. Une réalité qui s’explique notamment par la réticence des autorités algériennes a délivré des laissez-passer consulaires, sésame indispensable pour éloigner un ressortissant (sans documents d’identité) vers l’Algérie.

La France accueille la plus importante communauté algérienne à l’étranger, « y compris une part non négligeable de personnes en situation irrégulière », souligne la DGEF.

Les tensions « se cristallisent notamment autour des personnes faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), dans un contexte où Alger a longtemps été accusée par Paris de refuser ou de ralentir la délivrance des laissez-passer consulaires », expliquait récemment à InfoMigrants la chercheuse Kinda Benyahia, spécialiste de l’Algérie à l’université Bordeaux-Montaigne. « Cette situation a contribué à politiser la question migratoire et à en faire un levier diplomatique entre les deux États. »

Les régularisations « exceptionnelles » en baisse de 10 % en 2025

Le nombre d’interpellations d’étrangers en situation irrégulière a lui progressé de 30 % l’an dernier, concernant notamment des Algériens (+52 %), des Tunisiens (+33 %) et des Marocains (+19 %). Il s’établit à 192 140 interpellations (+61 % depuis 2022).

Au total, les ressortissants algériens représentent 26,6 % des interpellés. Si on y ajoute les ressortissants originaires des autres pays du Maghreb, le nombre s’élève à un peu plus de 84 000 interpellations, soit presque 44 % de l’ensemble des interpellations réalisées en 2025.

En ce qui concerne les régularisations exceptionnelles (AES, pour admissions exceptionnelles au séjour), le chiffre a baissé de 10 %, avec 28 610 étrangers régularisés l’an dernier. « Il y a l’impact de la circulaire Retailleau qui visait à rappeler le caractère exceptionnel » de ces régularisations et à en « durcir les conditions », a rappelé Guillaume Mordant.

Les admissions exceptionnelles au séjour (AES) délivrées en 2025. Source : DGEF
Les admissions exceptionnelles au séjour (AES) délivrées en 2025. Source : DGEF

Pour rappel, il faut désormais « au moins sept ans » de présence en France pour un étranger qui demande une AES, contre cinq ou trois ans dans certains cas auparavant, et avoir travaillé 12 mois au cours des deux dernières années.

Dans le détail, ces AES pour motifs économiques ont baissé de 11,5 %, et pour motif familial de 6,4 %. Les AES délivrées aux étudiants ont même chuté de 82 %.

Interrogé sur des chiffres précédemment publiés par le ministère de l’Intérieur, qui faisaient état d’une baisse de 42 % des régularisations sur la période janvier-septembre, Guillaume Mordant a expliqué qu’il y avait « peut-être eu une évolution de la dynamique en cours d’année » et que les chiffres de la DGEF comprenaient aussi « les régularisations de plein droit ».

Du côté des titres de séjour classiques, la France a délivré 384 230 premiers titres de séjour l’an dernier, en hausse de 11 % sur un an. « Les titres étudiants sont toujours les premiers » motifs de délivrance (118 000 au total), suivis des motifs humanitaires (+65 % à 92 600 qui englobent notamment les réfugiés statutaires).

Toutefois, les titres de séjour pour motifs économiques ont reculé de 12 % sur un an, et concernent 51 000 personnes : « La baisse concerne les salariés (-11 %) et les emplois saisonniers (-30 %) », a détaillé Guillaume Mordant. « On a un marché de l’emploi qui peut-être attire un peu moins la population étrangère » en termes d’embauches, mais aussi de salaires où « la dynamique a disparu en 2025 », a-t-il ajouté.

Les titres de séjour délivrés en 2025. Crédit : DGEF

Sources: infomigrants

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