Route des Canaries : plus de 100 migrants secourus au large du Sénégal, un nouveau-né retrouvé mort dans la pirogue

La marine sénégalaise a porté secours mercredi au large de ses côtes à 139 migrants, dont la pirogue partie de Gambie dérivait depuis 11 jours en mer. À bord du canot, les militaires ont retrouvé le corps sans vie d’un nouveau-né.
La marine sénégalaise a indiqué sur X avoir secouru, mercredi 4 mars, « une pirogue à la dérive » au large de ses côtes avec 139 migrants à son bord. Les autorités ont également retrouvé dans le canot « le corps sans vie d’un nouveau-né ». Les naufragés ont été débarqués à la Base navale Amiral Faye Gassama, à Dakar.
Selon la marine, l’embarcation était partie de Gambie et « aurait passé 11 jours en mer » avant d’être localisée par les services sénégalais.
Le Sénégal porte régulièrement secours à des personnes en détresse près de ses côtes. Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines, notamment sénégalaises, pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est l’une des routes principales empruntées par les migrants subsahariens.
De plus en plus de départs depuis la Gambie
La plupart des embarcations partent désormais de Gambie ou de Guinée, plus au sud pour atteindre les Canaries. « Ce récent déplacement est dû au resserrement d’autres voies migratoires : celle du Maroc depuis un moment, et plus récemment celle de la Mauritanie et même du Sénégal du fait des contrôles accrus sur les côtes », expliquait en septembre à InfoMigrants Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines.

Dans ce contexte, les autorités gambiennes ont décidé de durcir leurs contrôles. « Le gouvernement gambien observe avec une profonde inquiétude une augmentation rapide du nombre de personnes tentant de rejoindre l’Europe par la mer en utilisant la Gambie comme base de départ », a déploré en début d’année le ministère de l’Intérieur.
Début janvier, les autorités gambiennes ont procédé à « l’interception de 782 migrants et à l’arrestation de quatre organisateurs » de traversées vers les Canaries, avait indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
Ces opérations ont débuté le 3 janvier, après qu’au moins 39 personnes sont mortes dans le naufrage de leur embarcation au large de la Gambie dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Cent-douze migrants ont été secourus, dont 23 sont hospitalisés, mais des dizaines d’autres sont portés disparus.
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Partir de Gambie ou de Guinée multiplie les risques en mer pour les migrants. « Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », affirmait encore Delphine Perrin. Les ONG alertent régulièrement sur les « bateaux fantômes », ces embarcations qui errent en mer et qui disparaissent sans laisser de traces.
Cependant si les tentatives persistent et que de nouvelles routes émergent, la surveillance des frontières semble porter ses fruits. Depuis le début de l’année 2026, les arrivées ont nettement diminué dans l’archipel espagnol. Entre le 1er janvier et le 28 février, 1 274 personnes ont débarqué aux Canaries, contre 7 138 à la même période de 2025, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Soit une baisse de 82 %.
Cette chute des arrivées a débuté l’an dernier. Sur l’ensemble de l’année 2025, un peu plus de 17 700 migrants sont arrivés aux Canaries, contre près de 47 000 en 2024. Soit une baisse de 62 % sur un an.
Sources: Infomigrants




