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Mayotte : au moins 17 migrants meurent noyés près des côtes des Comores

Selon les autorités comoriennes, au moins 17 migrants de nationalité congolaise ont perdu la vie près des côtes des Comores mercredi en tentant de rejoindre Mayotte. Les passeurs ont fait croire aux exilés qu’ils étaient arrivés sur l’île française et les ont déposés sur un banc de sable en mer. Beaucoup se sont noyés en tentant de rejoindre la plage.

Au moins 17 migrants congolais sont morts noyés, mercredi 18 mars, après avoir été déposés près des côtes des Comores, a annoncé le lendemain, jeudi, Mohamed Ahamada Assoumani, le ministre de l’Intérieur de cet État de l’océan Indien. Quatre autres personnes sont portées disparues.

Depuis plus de cinq ans, des groupes de migrants espérant rejoindre le département français de Mayotte, situé géographiquement dans l’archipel des Comores, sont débarqués près du littoral comorien, mais c’est la première fois que des corps sont repêchés, selon le représentant des Nations unies aux Comores, James Tsok Bot.

Plusieurs des 30 survivants du drame ont déclaré que les passeurs leur avaient assuré qu’ils étaient à Mayotte.

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« Ceux qui sont vivants disent qu’ils sont des Congolais », a indiqué le ministre de l’Intérieur lors d’un point presse improvisé à Mitsamiouli, ville à la pointe nord de la Grande Comore, théâtre du drame.

En 2025, plus de la moitié des demandes d’asile déposées à Mayotte ont été introduites par des ressortissants des Grands Lacs – notamment venant de République démocratique du Congo (RDC), d’après les chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

« Hurlements de détresse »

« Dans la nuit [de mercredi à jeudi], nous avons trouvé huit morts. Les corps ont été repêchés par les habitants de Mitsamiouli, pêcheurs et autorités. Ce [jeudi] matin, on a pu repêcher neuf corps, ce qui fait qu’actuellement, nous avons 17 décédés. Les gardes-côtes sont en train de rechercher les quatre corps disparus », a ajouté le ministre.

Les habitants de cette ville côtière située à 40 kilomètres de la capitale, Moroni, ont été alertés par des hurlements de détresse.

Mayotte se trouve non loin des îles des Comores. Crédit : Google maps
Mayotte se trouve non loin des îles des Comores. Crédit : Google maps

« Nous étions en train de regarder le match (de football) Barça-Newcastle quand nous avons entendu des cris en provenance de la plage », raconte un jeune homme de Mitsamiouli ayant participé aux opérations de secours.

« Nous avons trouvé des hommes, des femmes, des enfants. Ils ont dit qu’ils croyaient être arrivés à Mayotte. Le passeur les a déposés sur un banc de sable à quelques mètres de la plage et là, ils avaient pied », décrit-il. « Ils ont voulu rejoindre le rivage alors que beaucoup ne savaient pas nager. L’eau est en fait devenue plus profonde. »

« Mouvement criminel »

D’après le représentant de l’ONU James Tsok Bot, ces décès parmi des migrants débarqués aux Comores sont les premiers enregistrés. « Cela montre vraiment l’aspect malheureux de ce mouvement qui est criminel », a-t-il accusé.

Aucun bilan précis n’existe sur cette route migratoire. Mais d’après les données publiques du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Sud océan Indien, au moins 477 exilés sont morts ou ont disparu dans les eaux territoriales françaises autour de Mayotte depuis 2010. Un rapport du Sénat français de 2012 qui soulignait « les dangers de longue date de cette route » estimait que ces traversées ont causé « entre 7 000 et 10 000 morts entre 1995 et 2011 ».

Un rescapé de 25 ans a raconté aux médias sur place son parcours depuis la République démocratique du Congo (RDC). Il a quitté la région congolaise du Nord-Kivu, déchirée par un conflit opposant les forces de Kinshasa au groupe antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda.

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Après trois jours à traverser une forêt, il dit avoir rejoint en car la capitale tanzanienne Dar es Salaam, située sur la côte, à 700 kilomètres des Comores.

« Là-bas, on a pris un bateau. Le périple a duré sept jours. Au début nous étions dans la cale du bateau. On a très vite senti que le capitaine s’était perdu. À un moment, nous n’avions ni pain ni eau », a témoigné le survivant, qui a ensuite été interrompu par les forces de l’ordre.

En RDC, le M23 s’est emparé depuis fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes parties de l’est de la RDC, région riche en ressources et ravagée par des conflits depuis plus de 30 ans.

Ayant choisi de rester français par deux référendums, en 1974 et 1976, avant de devenir un département français en 2011, Mayotte est l’objectif de nombreux migrants dans cette zone. Près de la moitié de la population de Mayotte était étrangère en 2017, selon les chiffres de l’institut national de statistiques français.

Sources: Infomigrants

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