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Nord de la France : 102 migrants secourus lors de deux opérations en mer

Deux opérations distinctes menées dans le détroit du Pas-de-Calais mardi 7 avril ont permis de secourir 102 migrants tentant de rejoindre le Royaume-Uni en « small boats », a annoncé mercredi la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord.

La préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord (Prémar) a annoncé mercredi le sauvetage de 102 migrants qui tentaient de rejoindre le Royaume-Uni à bord de « small boats » – des canots pneumatiques de fortune – au cours de deux opérations distinctes menées mardi 7 avril dans le détroit du Pas-de-Calais (Nord).

Une première embarcation de fortune avait été signalée à la sortie du port de Dunkerque dans la nuit du 7 au 8 avril, indique le communiqué de la Prémar. Deux navires de secours du CROSS (Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage) ont porté secours dans un premier temps à 12 migrants lorsque le « small boat » a effectué un arrêt sur le littoral pour récupérer de nouveaux passagers. Ils sont ensuite intervenus une seconde fois, quand l’embarcation est tombée en panne, venant en aide aux 67 passagers restants. Dans la matinée de mercredi, les 79 migrants ont été débarqués au port de Dunkerque.

Dans la même soirée, la gendarmerie est également intervenue auprès d’une seconde embarcation de 23 personnes ayant réclamé assistance, localisée dans le secteur de la Baie de Somme.

Au total, 102 candidats à l’exil vers l’Angleterre ont été secourus et pris en charge entre mardi et mercredi.

Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur britannique, 137 migrants sont parvenus à rejoindre le Royaume-Uni à bord de deux canots pneumatiques ce mardi, du fait notamment de conditions météorologiques plus favorables. Il s’agissait des premières arrivées par ces moyens maritimes clandestins depuis le 1er avril, où 325 exilés avaient rejoint les côtes britanniques.

Environ 4 776 migrants ont traversé la Manche entre le 1er janvier et le 4 avril 2026, indiquent les mêmes sources britanniques.

« Secteur particulièrement dangereux »

Dans son communiqué du 8 avril, la Prémar alerte sur les risques immenses encourus par les exilés lors d’une traversée de la Manche.

« Ce secteur maritime est l’une des zones les plus fréquentées au monde et les conditions météorologiques y sont souvent difficiles (forts vents et courants, présence de nombreux bancs de sable et température de l’eau qui réduit l’espérance de vie à quelques minutes en hiver). C’est donc un secteur particulièrement dangereux y compris quand la mer semble belle », souligne le préfet.

En 2025, au moins 29 migrants ont péri en mer dans cette zone, selon un comptage AFP réalisé à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Un nouveau drame s’est produit jeudi matin lors d’une tentative de traversée clandestine en « small boat » au niveau du secteur d’Enquihen-Plage (Pas-de-Calais). Quatre personnes (deux hommes et deux femmes) sont décédés, « emportés » par les courants alors qu’ils tentaient de monter à bord de l’embarcation, a annoncé le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch. Il a souligné que ce bilan était encore « provisoire ». Une enquête a été ouverte par le parquet de Boulogne.

Deux migrants (un Soudanais et un Afghan) sont également décédés le 1er avril lors d’un embarquement chaotique, près de Gravelines (Nord). Il s’agissait des premiers décès en mer connus de migrants à la frontière maritime franco-britannique depuis le début de l’année.

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La méthode des « taxi-boats » consiste pour les passeurs à récupérer des candidats à l’exil directement dans l’eau, afin d’éviter les forces de sécurité présentes à terre pour empêcher les départs depuis les plages. Mais ces conditions d’embarquement sont particulièrement chaotiques et risquées pour les passagers. Depuis début 2026, les morts dans la Manche sont à chaque fois survenues au moment des montées à bord dans ces embarcations de fortune.

En 2025, près de 50 000 personnes ont essayé de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni à bord de « small boats », selon les chiffres de la Prémar. Pour la même période, 6 177 migrants ont été secourus en mer par les forces françaises.

Prolongation de l’accord franco-britannique

Le nombre de migrants arrivés au Royaume-Uni depuis la France par « small boats » est passé de 36 566 en 2024 à 41 472 en 2025. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record des 45 774 arrivées enregistrées en 2022, selon les données du ministère de l’Intérieur britannique.

Cela en dépit de l’entrée en vigueur du pacte « un pour un » conclu début août entre Londres et Paris pour lutter contre l’immigration clandestine depuis le littoral du Nord de la France et à destination des côtes anglaises. Il prévoit le renvoi en France d’un migrant arrivant au Royaume-Uni par « small boat », en échange de quoi Londres s’engage à accepter un migrant se trouvant en France et exprimant sa volonté de demander l’asile.

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Les deux capitales ont récemment prolongé de deux mois seulement leur accord de coopération sur le contrôle des traversées illégales, faute d’avoir trouvé un terrain d’entente.

Le Royaume-Uni exige plus d’interventions en mer des autorités françaises pour empêcher les traversées des « small boats » dans la Manche et souhaite conditionner sa contribution financière à ces résultats. Mais les autorités françaises, en s’appuyant sur le droit international de la mer qui interdit les interventions en mer (au profit des opérations de secours) craignent qu’une hausse de ces interpellations n’augmente au contraire la mise en danger de la vie des exilés, ainsi que des forces de l’ordre.

Sources: infomigrants

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