Accord franco-britannique « un pour un » : 783 migrants expulsés vers la France et 736 envoyés au Royaume-Uni

Depuis la signature de l’accord « un pour un » entre la France et le Royaume-Uni, 783 migrants ont été renvoyés en France et 736 ont été accueillis au Royaume-Uni. « Un nombre réduit », a admis le directeur général de la direction générale des étrangers en France (DGEF).
Dix mois après la signature de l’accord « one in one out » entre la France et le Royaume-Uni, Laurent Touvet, directeur général de la Direction générale des étrangers en France (DGEF) a été interrogé sur le bilan de ce projet inédit devant la commission d’enquête parlementaire sur les accords du Touquet et la situation à la frontière franco-britannique.
Ce jeudi 28 mai, il a déclaré devant les députés qu’à la date du 26 mai, 783 migrants avaient été renvoyés en France tandis que 736 ont été accueillis au Royaume-Uni depuis la signature du traité en août 2025. Soit une moyenne de 17 par semaine. Au moment de la signature, la presse britannique évoquait un objectif de 50 migrants par semaine.
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Pour rappel, ce projet « one in one out » prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de « small-boats » au Royaume-Uni. Et en échange, Londres accepte d’accueillir des migrants se trouvant en France, via une route sûre et légale, et exprimant leur volonté de demander l’asile.
« Les nombres sont assez réduits »
Interrogé sur l’efficacité du dispositif, le directeur général de la DGEF a consenti que « les nombres sont assez réduits, quelques centaines en quelques mois ».
Il a justifié ces résultats en évoquant la responsabilité des Britanniques, qui peinent « à proposer des candidats au retour en nombre suffisant ». « Alors que l’intention politique du Royaume-Uni était de nous demander d’admettre davantage de personnes, dans les faits, nous constatons que les avions contenaient moins de personnes. Notamment car il y a des procédures juridictionnelles au Royaume-Uni », a-t-il dit.

Il a aussi évoqué une volonté française de ne pas faire croître le dispositif, notamment pour éviter des problèmes d’hébergement en France. « Si on écoutait le Royaume-Uni qui voulait envoyer une centaine [de migrants] chaque semaine, ça aurait été difficile de les accueillir. C’est pour ça aussi qu’on a essayé de modérer cet objectif », a expliqué Laurent Touvet.
Le but de l’accord est de dissuader les traversées de la Manche mais des milliers d’exilés ont franchi le détroit depuis le début du dispositif. Entre le 6 août 2025 – date de l’entrée en vigueur de l’accord – et le 26 mai 2026, 23 612 personnes ont rejoint les côtes britanniques sur des embarcations de fortune.
Et en 2025, plus de 41 000 personnes ont rejoint l’Angleterre après une traversée de la Manche. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record des 45 774 arrivées enregistrées en 2022, selon les données du ministère de l’Intérieur britannique.
« En France, je n’ai nulle part où aller »
Comme l’avait constaté InfoMigrants à Calais, même si le nombre de traversées a sensiblement baissé cette année, le traité ne décourage pas les migrants. « En France, je n’ai nulle part où aller alors je n’ai pas d’autre choix que de tenter ma chance au Royaume-Uni », racontait à notre rédaction Ahmed, un Soudanais de 26 ans dont la demande d’asile a été refusée en France. « Peu importe, je vais quand même continuer mon chemin. Je suis venu d’Afrique, j’ai traversé le désert, la mer Méditerranée… J’ai fait trop de route pour arrêter maintenant et avoir peur d’un accord », témoignait de son côté Khaled, un autre Soudanais de 18 ans.
Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique avait, en février dernier, reconnu que le nombre d’expulsions était « relativement faible », tout en rappelant qu’il s’agissait d’un projet pilote et que « ce programme visait à prouver la viabilité de ce nouveau modèle de collaboration avec les Français ».
Sources: Infomigrants




