Deux nouveaux corps retrouvés à la frontière entre le Maroc et l’Algérie

Deux nouveaux corps de migrants, originaires d’Afrique subsaharienne, ont été retrouvés mercredi à la frontière entre le Maroc et l’Algérie, dans la province marocaine de Jerada. Ces derniers jours, 12 autres dépouilles ont été découvertes dans la même zone frontalière. Les exilés sont probablement morts de froid et de faim.
Selon nos informations, deux nouveaux corps ont été retrouvés près de Touissit, dans la province marocaine de Jerada, près de la frontière avec l’Algérie. « Nous avons été informés hier [mardi 16 décembre, ndlr] que la morgue de Jerada avait reçu deux corps supplémentaires mercredi [17 décembre, ndlr] », indique à InfoMigrants Hassan Ammari de l’Association d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV), basée à Oujda, ville proche de la frontière algérienne. Pour l’heure, on ne connait pas leur nationalité.
Entre le 6 et le 12 décembre, les dépouilles de 12 autres migrants originaires d’Afrique subsaharienne avaient été retrouvées à différents endroits, de Touissit à Ras Asfour, près de la ville d’Oujda, au nord-est du Maroc. Ces victimes seraient originaires de Guinée Conakry, du Cameroun et du Nigeria, selon l’AMSV.
Pour l’heure, 14 corps ont donc été recensés entre le 1er et le 19 décembre 2025.
Selon des responsables hospitaliers, les victimes seraient mortes principalement « de froid, mais aussi de faim ». D’après l’Association marocaine des droits humains (AMDH), il pourrait s’agir de personnes ayant récemment franchi la frontière algérienne pour entrer sur le sol marocain. Mais il est aussi possible que ces personnes aient essayé de quitter le Maroc pour entrer en Algérie.
Zone dangereuse
« En cette période de l’année, on enregistre régulièrement des décès dans cette zone causés par la fatigue, le froid, la faim ou les chutes dans les montagnes », explique Hassan Ammari. Dans cette région, les températures peuvent descendre jusqu’à -5°C entre la mi-novembre et la fin janvier alors que de nombreux migrants ne disposent que de vêtements légers.
Au bout de quelques jours sans nourriture et avec peu d’eau, les exilés se fatiguent et n’ont parfois plus la force de bouger. Certaines finissent donc par mourir de froid ou de faim.

Selon le membre de l’AMSV, la présence d’un fossé côté algérien est aussi responsable de décès dans la zone : profond de 4,5 mètres de large sur 4 mètres de profondeur, il jouxte un haut grillage côté marocain et peut se remplit d’eau quand les rivières proches débordent par temps de pluie. « C’est un fossé de la mort », destiné notamment à « empêcher tout passage », explique Hassan Ammari. Les personnes se noient en raison de la boue qui empêche toute remontée.
« Les migrants [tombent dans ce fossé parce qu’ils] se déplacent la nuit dans l’obscurité totale [pour essayer de franchir la frontière], ils ne peuvent même pas allumer les lampes de leur téléphones portables pour ne pas être repérés par les militaires », expliquait à son tour en début de semaine Omar Naji de l’AMDH, joint par InfoMigrants.
En décembre 2022, sept migrants subsahariens avaient déjà été retrouvés morts dans la même zone de Ras Asfour près de la ville d’Oujda, au nord-est du Maroc. Quelques jours plus tard, le 21 décembre, le cadavre d’un jeune homme âgé de 20 à 25 ans était découvert au même endroit, rapporte l’agence de presse espagnole EFE.
En 2021, Driss Elaoula, membre de la plateforme Alarm Phone, avait aussi retrouvé au fond d’un de ces fossés le corps d’une jeune Camerounaise, « congelée ». Depuis 2017, plus de 76 décès ont été recensés dans cette zone, selon l’AMSV, parmi lesquels des migrants aussi originaires du Tchad et du Soudan.
Sources: infomigrants




