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Mer Égée : 14 migrants meurent après une collision avec un navire des gardes-côtes turcs

Au moins 14 migrants sont morts lundi après une collision en mer Égée avec un navire des gardes-côtes turcs, au large des côtes de Finike, dans la province d’Antalya. Six personnes ont par ailleurs été secourues. Les autorités turques accusent les migrants d’avoir tenté de fuir les gardes-côtes malgré les avertissements répétés de s’arrêter.

Lundi 9 mars vers 6h du matin, une collision entre un navire de la garde-côtière turque et un canot de migrants en mer Égée a causé la mort d’au moins 14 exilés au large des côtes de Finike, dans la province d’Antalya au sud-ouest de la Turquie.

« Malgré les avertissements [des autorités turques demandant aux exilés de s’arrêter], le bateau de migrants a continué de fuir à grande vitesse », indiquent les gardes-côtes dans un communiqué. Le canot de migrants « a soudainement frappé le bateau de la garde-côtière et s’est écrasé ».

« À la suite de l’impact », plusieurs personnes sont alors tombées dans l’eau : six exilés et « un contrebandier turc » ont été secourus, et 14 corps ont été récupérés en mer, précisent les gardes-côtes. Par ailleurs, 15 migrants, qui tentaient de rejoindre la terre ferme à bord du canot, ont été arrêtés. La plupart sont originaires d’Afghanistan.

Lundi, les opérations de recherche se sont poursuivies pour tenter de retrouver des personnes disparues, en vain. Les autorités n’ont cependant pas précisé le nombre de personnes qui se trouvaient à bord de l’embarcation mais a annoncé que la majorité des ressortissants, dont des femmes et des enfants, sont originaires d’Afghanistan.

Une enquête a été ouverte et « six suspects ont été arrêtés », signalent encore les gardes-côtes dans leur communiqué.

Un incident similaire au large de la Grèce

Un mois plus tôt, un incident similaire s’est produit au large de l’île grecque de Chios, en mer Égée. Le 3 février, 15 migrants, dont quatre femmes, ont trouvé la mort après une « violente collision » entre leur embarcation de fortune et le patrouilleur des gardes-côtes grecs.

Selon les autorités grecques, le patrouilleur de la police portuaire qui avait repéré l’embarcation de migrants au large de Chios a émis des signaux sonores mais le bateau a fait des manœuvres pour échapper aux autorités. « Le pilote a fait demi-tour et ensuite le canot a percuté le flanc droit du patrouilleur des gardes-côtes », avait affirmé un communiqué de la garde-côtière grecque.

Mais rapidement, cette version a été contredite par certains des rescapés. Trois survivants, originaires d’Afghanistan, ont donné un tout autre récit. Ces migrants assurent que l’accident s’est déroulé rapidement et qu’ils n’ont pas eu le temps d’arrêter l’embarcation.

« Ils [les gardes-côtes, ndlr] ne nous ont pas poursuivis. Nous avons vu de la lumière et immédiatement après l’accident a eu lieu », a déclaré l’un d’eux aux enquêteurs, selon le média grec Kathimerini. « Nous n’avons pas entendu de sirènes, sinon on aurait dit au conducteur de s’arrêter, il y avait des enfants à bord ».

Au lendemain de la collision, un Marocain de 31 ans, considéré comme un passeur pour avoir conduit l’embarcation, a été interpellé et placé en détention provisoire.

L’un de ses deux avocats, Dimitris Houlis, a également rapporté que « tous les témoins entendus affirment qu’il n’y a eu aucun signal, aucun avertissement, aucun gyrophare, aucun phare, aucune lumière, aucun ordre de s’arrêter » de la part des gardes-côtes grecs. « Il n’y a eu qu’une collision provoquée par le navire des garde-côtes. Ils avançaient tout droit, sans dévier ne serait-ce qu’une seconde », a-t-il ajouté, précisant que son client clamait son innocence.

Plus de 600 morts en Méditerranée

Chaque année, des milliers de migrants tentent de rejoindre la Grèce en traversant la mer Égée depuis les côtes turques. Et les accidents sont fréquents lors de ces traversées périlleuses vers les îles grecques, portes d’entrée dans l’Union européenne.

Le 12 février, trois exilés sont morts et quatre sont portés disparus après le naufrage de leur embarcation au large de la Turquie.

En octobre 2025, 17 personnes sont mortes après un naufrage survenu au large de la province turque de Mugla. Seules deux personnes ont survécu. Un mois avant, en septembre, cinq personnes ont perdu la vie dans un incident entre un canot de migrants et un navire des gardes-côtes turcs.

Au moins 658 migrants sont morts en mer Méditerranée depuis le début de l’année, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Sur l’ensemble de l’année 2025, l’agence onusienne a recensé 2 185 décès dans cette zone maritime.

Sources : infomigrants

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