« On te traite comme du bétail » : des migrants arrêtés au Maroc sur la route de Melilla racontent leur calvaire

Fin-avril, sept Mauritaniens ont tenté de franchir la clôture de l’enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc voisin. Arrêtés par la police, ils racontent avoir été frappés et détenus dans des conditions inhumaines, avant d’être abandonnés, démunis, en plein milieu du désert.
Avec notre correspondant à Nouakchott, Oumar ElHadj Thiam,
Tout commence le samedi 25 avril à Agadir, au Maroc. Ousmane Mangane, un Mauritanien, et six compatriotes prennent la direction du Nord; vers l’enclave espagnole de Melilla. Dans les taxis clandestins, la tension est palpable. Le but : atteindre Melilla, une des deux seules frontières terrestres de l’Union européenne en Afrique (avec Ceuta). C’est près de la clôture espagnole que des centaines de migrants de toutes nationalités attendent le moment propice pour passer.
« Il y a un endroit où il n’y a pas de grillage, il n’y a qu’un village. C’est là où l’on dévie pour entrer en Espagne, mais il y a beaucoup de sécurité », explique Ousmane Mangane. « La police nous a arrêtés et nous a mis dans un conteneur. On y a trouvé des Soudanais qui étaient là-bas depuis quatre jours. C’est là que nous avons commencé à avoir vraiment peur. »
« Si tu parles, ils te frappent de toutes leurs forces »
Enfermés dans des conteneurs où le froid paralyse les membres, les migrants affirment avoir été dépouillés de tout : téléphones, nourriture… Amadou Mangane, détenu dans un autre secteur, décrit un système carcéral conçu pour briser les volontés : « On nous traite comme du bétail. On est restés pendant 24 h sans manger ni boire. Si tu parles, ils te frappent de toutes leurs forces. Ils nous font passer d’une prison à l’autre. Ceux qui pensent être libérés sont juste transférés. »
Après huit jours, le verdict tombe. En l’absence de réponse de leur ambassade, les autorités décident de les expulser. Mais pas vers leur pays d’origine, ils sont jetés en pleine zone tampon dans le désert, entre le Maroc et l’Algérie, sous la menace des armes.
Sources: Infomigrants




