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Aux Canaries, Léon XIV salue la « dignité » des migrants et dénonce « l’indifférence » du monde

Le pape a poursuivi jeudi sa visite en Espagne en se rendant dans l’archipel des Canaries. Léon XIV y a adressé des messages politiques sur les migrants, notamment à leurs pays d’origine, « qui doivent créer les conditions de paix, de justice et de développement », mais aussi à l’Europe, « qui ne peut proclamer la dignité humaine et s’habituer à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales ».

Pour rendre hommage aux milliers de personnes mortes dans la périlleuse traversée de l’Atlantique depuis l’Afrique vers l’Europe, le pape Léon XIV s’est rendu jeudi 11 juin sur l’archipel espagnol des Canaries. Il y a dénoncé « l’indifférence » du monde face au sort de ces migrants.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1 172 migrants sont décédés ou ont disparu sur cette route maritime en 2025. Et près de 18 000 autres sont arrivés aux Canaries à bord d’embarcations de fortune l’an passé, d’après le ministère espagnol de l’Intérieur, loin toutefois des près de 50 000 entrées irrégulières de 2024.

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Le souverain pontife a lancé un bouquet de fleurs en mer en hommage aux migrants morts lors de cette traversée pour se rendre sur l’archipel situé au large des côtes africaines.

Au port d’Arguineguin, lieu symbolique où plus de 3 000 migrants arrivés en même temps avaient été entassés dans des conditions indignes pendant la pandémie de Covid-19, le pape a dénoncé « l’indifférence de nombreux individus qui laissent les pauvres être engloutis par l’exploitation ou l’oubli ».

En présence du Premier ministre Pedro Sanchez, Léon XIV a également fustigé les « monstres (qui) rôdent sur ces mers : des mafias qui font commerce du désespoir, des trafiquants qui réduisent en esclavage des femmes et des enfants ».

Juste avant de prendre la parole, le pape avait écouté le récit lu d’une Nigériane victime de traite humaine, après avoir choisi de « tenter (sa) chance » pour venir en Espagne, ayant soupesé son choix entre « mourir en essayant ou rester et n’avoir rien ». « Pendant le voyage, je suis tombée enceinte d’un homme de la mafia. À mon arrivée en Espagne, on m’a enlevé mon bébé pour m’obliger à me prostituer. »

« Des rêves que personne n’a le droit de mépriser »

Avec cette troisième et dernière étape de sa visite d’une semaine en Espagne, Léon XIV réalise le souhait de son prédécesseur François, mort il y a un an sans avoir pu effectuer ce voyage.

La route atlantique vers les Canaries est très dangereuse, en raison des longues distances que doivent parcourir de frêles embarcations sur une mer aux courants puissants, ce qui les contraint souvent à passer des jours, parfois même des semaines, en haute mer.

« Ici, il y a des personnes récupérées de la mer et des corps sans vie repêchés des eaux », a souligné le pape, avant de saluer la « dignité » des migrants qui portent en eux « des rêves que personne n’a le droit de mépriser ».

Face à la mer, Léon XIV a adressé plusieurs messages politiques, notamment aux pays d’origine de ces migrants, « qui doivent créer les conditions de paix, de justice et de développement », mais aussi en interpelant directement l’Europe, « qui ne peut proclamer la dignité humaine et s’habituer à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales ».

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Léon XIV, né aux États-Unis avant de vivre de nombreuses années au Pérou, a exhorté à la mise en place de « processus sérieux d’accueil et d’intégration, et des politiques qui permettent à chaque personne de vivre dignement sur sa propre terre ».

« S’il existe un droit de chercher refuge lorsque la vie est menacée, il existe aussi le droit de ne pas avoir à migrer », a-t-il asséné.

Rencontrée par l’AFP peu avant cette cérémonie, Kaddijatou Jattaa, une Gambienne de 16 ans arrivée depuis le Sénégal en novembre dernier, se dit « reconnaissante » pour l’accueil reçu aux Canaries : « Ils prennent soin de nous. On ne manque de rien. »

L’adolescente dit vouloir « apprendre » l’espagnol et « avoir (ses) propres papiers » pour ensuite « commencer à travailler afin de pouvoir aider ma famille », qu’elle a laissée dans son pays natal.

Appel à « une coopération réelle contre les trafiquants »

La question de l’accueil des migrants est chère à Léon XIV, qui avait déjà abordé ce sujet lundi lors de son discours devant le Parlement espagnol, à un moment où les politiques migratoires se durcissent dans de nombreux pays et où l’Espagne fait justement figure d’exception avec des mesures beaucoup plus libérales.

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Jeudi, il a appelé dans son discours la communauté internationale « à une coopération efficace et persévérante » car « la dignité humaine exige des voies légales et sûres » et « une coopération réelle contre les trafiquants ».

Avant Grande Canarie, Léon XIV s’est rendu à Madrid et Barcelone au cours de son voyage en Espagne entamé samedi dernier. Cette visite s’achèvera vendredi sur une autre île de l’archipel des Canaries, Tenerife, où il se rendra également dans un centre pour migrants avant une dernière messe en plein air sur le port de Santa Cruz.

Sources: Infomigrants

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