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L’UE continue à bâtir sa forteresse contre l’immigration irrégulière

Un rapport dénonce notamment les « hubs de retour » qui pourraient venir renforcer la réforme migratoire européenne.

Un nouveau rapport sur les migrations forcées dans le monde (Report Globale Flucht), publié récemment à Berlin, dénonce les conséquences du nouveau régime d’asile européen commun (RAEC), un cadre juridique adopté en 2024 et qui devient juridiquement contraignant dans tous les États membres de l’Union européenne (UE) ce 12 juin : « Nous craignons une nouvelle expansion des centres d’hébergement s’apparentant à des lieux de détention pour les demandeurs d’asile aux frontières extérieures », a déclaré la coautrice du rapport, Petra Bendel, de l’université d’Erlangen-Nuremberg (Bavière).

Lors de la présentation de l’étude, elle s’est ainsi montrée particulièrement critique des centres de retour, les fameux « hubs de retour », que l’Europe souhaite ouvrir des pays tiers et qui doivent accueillir les migrants dont la demande d’asile n’a que très peu de chances d’aboutir.

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Ces centres constituent l’élément central d’une politique migratoire plus stricte, que le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, du parti conservateur Union chrétienne-sociale (CSU), qualifie d’ »innovante ».

Pour mettre en place de tels centres, l’UE dépend toutefois de pays partenaires prêts à coopérer. La Tunisie et l’Égypte, soit des pays du pourtour méditerranéen, ont été évoqués. Mais des Etats plus éloignés, comme le Rwanda et l’Ouganda, seraient également envisagés.

Abandon du programme de réinstallation pour l’Afghanistan

À l’avenir, les personnes en quête de protection seront confrontées à des difficultés encore plus grandes qu’aujourd’hui, estime Petra Brendel. « Nous prévoyons une marginalisation accrue des groupes et des individus particulièrement vulnérables », précise-t-elle.

Pour la chercheuse, les programmes de réinstallation destinés aux personnes originaires d’Afghanistan en sont un exemple flagrant. Depuis que le gouvernement allemand les a suspendus, davantage de personnes sont exposées au risque d’être persécutées par le régime taliban et de nombreux réfugiés se retrouvent bloqués au Pakistan. « Voilà pourquoi je dis que l’État allemand devrait assumer sa responsabilité en matière de protection », estime Petra Brendel.

Baisse des arrivées en Allemagne

Franck Düvell, chercheur en migrations à l’université d’Osnabrück, juge la réforme européenne « mal conçue ». Au pire, dit-il, elle pourrait entraîner un chevauchement des structures et se traduire par un recul des droits des réfugiés, notamment ceux des enfants, des femmes et des familles.

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L’Allemagne a connu une baisse significative des arrivées de demandeurs d’asile. Si en 2023, 330 000 personnes avaient demandé une protection dans le pays, ils n’étaient plus que 113 000 l’an dernier. Et la tendance se poursuit : au premier trimestre de cette année, environ 22 000 demandes d’asile ont été enregistrées. Extrapolé sur l’ensemble de l’année, le total pourrait finalement être inférieur à 90 000 demandes.

Selon le rapport sur les migrations forcées, plus de 117 millions de personnes dans le monde sont actuellement déplacées. Ce chiffre a doublé au cours de la dernière décennie. La plupart sont des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, qui ont fui la guerre dans leur région d’origine ou les effets du changement climatique, comme les sécheresses et les inondations. Seule une fraction de ces déplacés se sont ensuite retrouvée en Europe et en Amérique du Nord, selon le rapport.

Et les arrivées ne reculent pas seulement en Allemagne. Le rapport montre qu’il y a entre 1,5 et 2 millions de réfugiés en moins en Turquie, en Iran et au Soudan. Et bien que la guerre en Ukraine se poursuive avec intensité, Franck Düvell explique que quelque 4 millions d’Ukrainiens, qui avaient fui vers d’autres régions d’Ukraine ou vers des pays de l’UE, sont retournés dans leurs villes et villages d’origine.

Sources: Infomigrants

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