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Plus de 1 300 migrants morts sur les routes menant à l’Espagne sur les cinq premiers mois de 2026

Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 1 317 migrants sont morts en mer en tentant de rejoindre l’Espagne, entre le 1er janvier et le 31 mai 2026. Un chiffre en baisse puisque l’ONG avait comptabilisé près de 1 900 décès sur ces routes à la même période de l’année précédente. Comme l’an dernier, la route des Canaries concentre le plus de drames, mais la route algérienne qui mène aux Baléares connaît une augmentation de 54% des décès.

Entre le 1er janvier et le 31 mai, 1 317 migrants, dont 142 femmes et 129 enfants, sont morts en mer sur les routes menant à l’Espagne, selon le dernier rapport de l’ONG espagnole Caminando Fronteras publié mercredi 10 juin. Soit l’équivalent d’une personne toutes les trois heures.

Ce chiffre est cependant en baisse. L’an dernier à la même période, l’ONG avait comptabilisé près de 1 900 décès en tentant de rejoindre le sol espagnol, toutes routes confondues.

Le rapport révèle par ailleurs que 27 embarcations ont disparu en mer Méditerranée ou dans l’Atlantique avec l’ensemble des passagers à bord (contre 38 à la même période l’année dernière).

Hausse des morts sur la route algérienne

La route des Canaries, qui va des côtes ouest-africaines à l’archipel espagnol, reste la zone maritime la plus meurtrière, avec 635 victimes recensées, en baisse de 57%. « Ces données montrent que malgré une baisse de 72% des arrivées [aux Canaries], cette route est devenue plus dangereuse », constate Caminando Fronteras – 3 184 personnes ont débarqué dans l’archipel au cours des cinq premiers mois de 2026, contre 10 983 à la même période de 2025. Ainsi en 2025, pour 100 personnes arrivant aux Canaries, environ 14 décédaient. En 2026, ce chiffre est passé à 21, selon le décompte de l’ONG.

Des bateaux utilisés par les migrants pour la traversée de la Méditerranée, aux Baléares, en octobre 2025. Crédit : Romain Philips / InfoMigrants
Des bateaux utilisés par les migrants pour la traversée de la Méditerranée, aux Baléares, en octobre 2025. Crédit : Romain Philips / InfoMigrants

L’itinéraire menant des rives algériennes aux Baléares a connu quant à lui une hausse de 54% des décès avec 507 morts enregistrés par Caminando Fronteras entre le 1er janvier et le 31 mai 2026 – contre 328 en 2025 au même moment. La route algérienne s’est largement développée l’an dernier, à mesure que les contrôles policiers se sont renforcés dans l’Atlantique. En 2025, près de 7 400 exilés sont arrivés aux Baléares, contre un peu plus de 5 800 l’année précédente. Soit une hausse de 24%. Cette tendance semble se confirmer au cours des cinq premiers mois de 2026 alors que les Baléares enregistrent une hausse de 13% (2 166 arrivés en 2026 contre 1 906 à la même période de 2025).

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L’ONG espagnole impute cette augmentation des décès à « l’insuffisance des réponses aux alertes émises [de la part des migrants en détresse en mer ou des ONG, ndlr], qui restent incohérentes et tardives » dans une zone maritime peu couverte. Par ailleurs, « l’absence de protocoles opérationnels conjoints avec l’Algérie [et l’Espagne] aggrave cette situation, créant un vide institutionnel qui condamne de nombreuses disparitions à rester sans investigation ».

Baisse de 35% des arrivées en Espagne

L’Espagne est, avec la Grèce et l’Italie, l’une des premières portes d’entrée des migrants dans l’Union européenne (UE). Au total depuis le 1er janvier, plus de 10 000 personnes sont arrivées en Espagne, contre près de 16 000 à la même période de 2025. Soit une baisse de 35%.

Cette chute s’était déjà amorcée l’an dernier avec la baisse de 42% des arrivées en 2025, en comparaison de l’année 2024. Et la chute des débarquements aux Canaries est encore plus forte avec une baisse de 62% enregistrée entre 2025 et 2024.

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Cela s’explique par le renforcement des accords conclus entre, d’une part, l’UE et, d’autre part, la Mauritanie, le Sénégal et le Maroc, les trois principaux pays de départ de pirogues ces dernières années. En 2024, l’Union a multiplié les visites en Afrique pour signer de nouveaux partenariats et ainsi tenter d’enrayer les départs de migrants vers l’archipel espagnol. Un an plus tard, les effets de ces accords ont donc commencé à se faire sentir.

Mais pour déjouer les contrôles, les migrants prennent plus de risques. De nombreux départs ont été recensés ces derniers mois depuis la Gambie ou la Guinée. « La Gambie est une zone de départ potentielle comme l’ensemble des pays côtiers de cet espace (Mauritanie, Sénégal, Guinée), sachant que les départs avaient déjà eu tendance à se déplacer – du Maroc vers la Mauritanie et vers le Sénégal », notait en septembre 2025 à InfoMigrants Delphine Perrin, chargée de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement), membre du POMAF, un collectif de chercheurs spécialistes des politiques migratoires africaines.

Et l’allongement de la distance à parcourir en mer multiplie les dangers. « Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante – il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », précisait aussi Delphine Perrin.

Sources: Infomigrants

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