France : quatre personnes s’enfuient du centre de rétention de Paris-Vincennes

Quatre migrants se sont échappés, dans la nuit de samedi à dimanche, du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, dans le 12e arrondissement de Paris. Trois ont été rattrapés à proximité du lieu et une personne est toujours recherchée.
Dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 mai, vers 2h du matin, huit personnes retenues dans le centre de rétention administrative (CRA) de Paris-Vincennes, dans le 12e arrondissement de Paris, ont tenté de prendre la fuite.
Seules quatre d’entre elles sont parvenues à s’échapper en sortant par les toits en tôle de la structure, actuellement en travaux, les autres ont été rattrapées par les forces de l’ordre. Parmi les quatre migrants ayant réussi à s’enfuir, trois ont été arrêtés dans leur course par les policiers à proximité du lieu.
Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête en flagrance pour « soustraction (quatre personnes concernées) et tentative de soustraction (quatre personnes concernées) en réunion à une mesure administrative ».
D’autres évasions dans le passé
Ce n’est pas la première fois qu’une telle évasion a lieu au CRA de Vincennes. Le 27 avril dernier déjà, 10 personnes s’étaient évadées du même centre en passant par une trappe de désenfumage. Leur fuite avait été constatée par des caméras, et trois migrants avaient rapidement été rattrapés près du bâtiment.

En juin 2024 aussi, 14 exilés s’étaient enfuis du CRA de Vincennes en passant par le toit grillagé. Seule une personne de ce groupe avait été retrouvée.
Et, quelques mois plus tôt, en décembre 2023, 11 personnes s’étaient échappées de ce même centre de rétention. Les retenus avaient « forcé une fenêtre » puis « découpé » un trou dans un premier grillage entourant les lieux, d’après la préfecture de police. Puis, ils avaient sauté d’une hauteur de plusieurs mètres avant d' »escalader le dernier mur d’enceinte » en disposant « des couvertures sur les barbelés ».
D’autres évasions ont également eu lieu en France. En mai 2024, deux évasions s’étaient déjà produites en moins de 24 heures : la première à Lille, dans le nord de la France, où sept personnes s’étaient enfuies du CRA de Lille-Lesquin ; et la deuxième depuis le CRA de Sète, dans le sud de la France, quand 10 exilés avaient pris la fuite.
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En avril 2024, 10 hommes s’étaient également évadés du CRA de Oissel, en Seine-Maritime. « Ils ont tendu des draps entre les grilles des fenêtres, dans l’un des angles de la cour de promenade, de manière à pouvoir escalader les murs », racontait France Bleu Normandie à l’époque. « Ils ont ensuite crevé le filet de protection et ont pris la fuite », ajoutait le média. Trois fugitifs avaient rapidement été interpellés après leur évasion.
40 000 étrangers enfermés en CRA
Les CRA sont des centres de rétention où des étrangers sont privés de leur liberté, en vue de leur expulsion, s’il existe un risque qu’ils s’y soustraient. La durée maximale est de 90 jours, 180 jours pour ceux condamnés pour terrorisme.
Plus de 16 000 personnes ont été retenues dans des CRA en 2024, selon l’association la Cimade. La majorité sont originaires du Maghreb. Ce nombre grimpe à 40 000 si l’on inclut les étrangers enfermés en CRA à Mayotte (22 300 en 2024) et dans les Outre-mer (Guadeloupe, Réunion, Guyane…).
Les conditions de vie dans ces structures sont régulièrement pointées du doigt par les défenseurs des droits. Certains retenus en bonne santé au moment de leur arrivée dans le centre de rétention voient leur santé se dégrader au fil des jours.
Le CRA de Oissel par exemple, construit en 2004, est tristement connu pour son manque d’entretien. « L’endroit est vétuste et les retenus sont cinq par chambre. Le centre n’est pas une prison mais il en a toutes les composantes, les exilés évoluent dans un univers très carcéral », décrivait Guillaume Landry, directeur de l’appui juridique chez France terre d’asile, en décembre 2024. « Ce n’est pas anodin d’être enfermé dans un endroit clos pendant des semaines, voire des mois, où il n’y a rien à faire ».
Comme le rappelle La Cimade, la majorité des étrangers en centre de rétention ne sont pas des délinquants – 28 % sont emmenés en CRA à leur sortie de prison. Les autres n’ont commis aucun crime sur le sol français. Ils sont sans-papiers.
Sources: Infomigrants




